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Photo : Charlotte Rychner

Lecture-performance de l'auteure
autour de la pièce Intimité Data Storage
Théâtre St-Gervais, 2013
Photo : ignacio Llusià

À l'époque, il y a de cela environ 8 ans, j'ai connu Antoinette Rychner en tant que critique culture pour la presse.

J’avais d’abord lu ses critiques, avant qu'elle ne vienne en faire une sur un de mes spectacles. Je trouvais en général ses critiques fouillées, par trop sur la subjectivité. Me concernant, j’avais l’impression qu’elle faisait la face nord de mon travail… un peu comme si elle mettait du relief à la montagne. Je dis bien montagne, car à l’époque je faisais des pièces au long cours qui passaient par beaucoup de stades: de la plaine aux rochers, au rang des vaches, etc…

Puis un jour elle s’est présentée à la fin d’un spectacle et j’avoue que je ne mettais pas forcement de visage sur cette écriture, précise et bien étayée.

Je vois un visage rêveur, avec des yeux en forme de question… bon. Le visage doux d’Antoinette.

Puis Antoinette, qui semble toujours tranquille alors qu'elle fait mille choses, m’annonce qu’elle a écrit une pièce de théâtre… que je suis allée voir à Sion.

Et là, à Sion, je vois une pièce assez sombre, soudain le côté un peu sans concession de Antoinette est apparu, comme sa face nord à elle cette fois. Mais je pense qu’à la base, Antoinette est capable de bien « deviner » sa montagne. Elle s’auto - explore avec un certain courage sans se voiler la face.

Donc au théâtre Antoinette a des sujets de sociétés, curieuse de tout et c’est même dérangeant parfois ses sujets. C'est un peu la sonde, quoi. C’est toujours fouillé certes mais on peut trouver de la place, du ludisme, de l’échange… du théâtre quoi.

Ensuite nous arrive l’écrivaine, la femme de lettre, le livre. Et la aussi, hop ! dans une autre forme on ( re) trouve une Antoinette portée par sa belle plume mais qui raconte des histoires à lire. Pas forcement des mots à mettre en forme.

Elle se lâche… arrive l'onirisme. Du fantastique.

Mais de toute cette écriture protéiforme, il me semble que le travail tourne inlassablement autour des questions. Autour de nos tiraillements profonds parfois inavouables d’humains contradictoires.

L’absence apparent d'ailleurs de jugement dans le regard d’Antoinette, en fait une collègue précieuse, avec qui on peut discuter sans trop de détour. Appréciable.

Mais une question encore en fait (puisqu'elle aime bien qu'on s'en pose):

Où trouve-t-elle le temps de faire tout cela, Antoinette ???

Marielle Pinsard, octobre 2016

 

Vidéo présentant l'auteure et son premier roman, prix suisse de littérature 2016 – © OFC et Detours films, février 2016

 

 
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