Spectacles / Créations FROST, Cie Antoinette Rychner, 2014

FROST

 

 

Frost

Projet de création scénique et d’exploration littéraire

 

Conception : Antoinette Rychner

 

 

Capsule d'écriture installée sur le parvis du Temple Allemand, la Chaux-de-Fonds,
octobre 2014, photo Guillaume Perret

 

Création :  octobre 2014, ABC - Temple-Allemand, la Chaux-de-Fonds

Puis CCN - Théâtre du Pommier, Neuchâtel et  Théâtre 2.21, Lausanne

 

 

Avec la collaboration de : Ludovic Chazaud, mise en scène

Julie Gilbert, co-écriture en live

Stéphane Gattoni, scénographie, éclairage et vidéo

Cédric Simon, jeu

Thomas Flahaut, participation au développement de la co-écriture en live

 


Guillaume Perret

 

Co-production : Cie Antoinette Rychner

Centre de culture ABC, La Chaux-de-Fonds

CCN, Neuchâtel

2.21, Lausanne

 

 

Ecouter Antoinette Rychner parler de FROST dans l'émission les Culturbitacées, sur les ondes de GRRIF le 15 octobre 2014

 

Ecouter Antoinette Ryhner parler de FROST dans l'émission Vertigo, RTS - La première, du 22 octobre 2014

 

Ecouter Antoinette Rychner parler de FROST dans les Matinales d'Espace 2, RTS, le 8 décembre 2014

 

Lire une présentation du projet dans l'Express du 22 octobre 2014

 

Lire une présentation dans le magazine Vivre la Ville, Neuchâtel, 29 octobre 2014

 

 

 

Le concept

 

Autrefois il y avait des truites de torrent dans les montagnes. On pouvait les voir immobiles dressées dans le courant couleur d’ambre où les bordures blanches de leurs nageoires ondulaient doucement au fil de l’eau. Elles avaient un parfum de mousse quand on les prenait dans la main. Lisses et musclées et élastiques. Sur leur dos il y avait des dessins en pointillé qui étaient des cartes du monde en son devenir. Des cartes et des labyrinthes. D’une chose qu’on ne pourrait pas refaire. Ni réparer. Dans les vals profonds qu’elles habitaient toutes les choses étaient plus anciennes que l’homme et leur murmure était de mystère.

La route, Cormac McCarthy,

traduction de l’américain par François Hirsch

 

D’une part, on a le récit. Un conte qui se déroule comme un voyage au cœur d’un temps post-cataclysmique, inspiré notamment par La route, roman culte de l’écrivain américain Cormac Mc Carthy. La terre y est encombrée de cendres, stérile. La vie gelée.

Et par ailleurs – autre espace, autre temps – deux femmes, confinée chacune dans une capsule de taille humaine. Venues vivre en terre sauvage une expérience de silence et de solitude, elles rencontreront l’extrême. Au cœur d’elles-mêmes et au gré des bouleversements, elles écrivent. Ça s’écrit même sous nos yeux. Et c’est là où Frost flirte avec la performance, puisque cette création fera intervenir deux auteures – Julie Gilbert et Antoinette Rychner – sur le plateau pour écrire des textes en direct, inédits, soir après soir.

Entre ces deux figures et un héros affrontant un environnement hostile va se jouer le pari d’un avenir, une issue à la fois tragique et porteuse d’espérance.

 


Guillaume Perret

 

 

Formes d’écriture

 

On est en présence de deux strates de texte différentes :

 

– La production de texte live

À même les ordinateurs, entre deux auteures sur scène ; Antoinette Rychner et Julie Gilbert.

Tout d’abord, écriture de journaux de bord personnels, chacune pour soi. Mais aussi partage (via une connexion de type « chat » qu’elles ont par téléphone satellite) et « micro-événements-poèmes » : jeu esthétique, littéraire : sortes de Haïku.

Il existe un canevas, ainsi qu’un timing pour ces échanges, mais à l’intérieur de ça l’écriture est libre, donc les textes produits sont différents à chaque représentation.

 

– Le récit portant sur le voyage du « messager »

Ecriture à la troisième personne.

Contenant des descriptions d’un monde dévasté et se déployant comme un récit-poème, ce texte contribue à créer un monde, une perspective extérieure aux capsules, il assume donc une fonction de marqueur d’espace, mais aussi de temporalité.

Le héros de ce récit vit environ cinquante ans après l’époque des deux femmes en capsules. Ainsi il représente la possibilité d’une survie pour l’espèce humaine.

Il a été écrit en amont par Antoinette Rychner, il est donc fixe, et dit par le comédien.

 

Les deux strates de texte sont assemblées selon un montage prédéfini, l’architecture du spectacle est identique à chaque représentation (durée des plages d’écriture live et durée des plages de récit prédéterminées.)

 

 

Formes scéniques

 

La scénographie met en place les deux capsules dans lesquelles écrivent les deux auteures / versus les deux personnages de la fonction, des amies parties au grand nord pour vivre une expérience de retraite, initialement prévue pour 3 mois.

La capsule de J.Gilbert est sur scène, celle d’A.Rychner est située hors scène. (Ici, sur le parvis du Temple Allemand, la Chaux-de-Fonds, vue extérieure & intérieure de la cabine) :

Sur scène, les textes écrits en live ne sont pas dits ; ils apparaissent silencieusement sur des surfaces de projection à même la scénographie:



 

Le récit relatif au monde extérieur et au « messager » est dit.

C’est un comédien-narrateur qui prend en charge cette parole là.

 

A propos de l’écriture en live sur scène

 

Quelques expériences m’amènent à poursuivre une recherche d’écriture scénique instantanée ; la première a eu lieu via une connexion internet, je n’étais pas présente sur scène, mais je dialoguais avec l’auteur et comédien Joël Maillard, dans le cadre d’un spectacle intitulé Voir les anges si furieux, Arsenic 2009. Le texte apparaissait sur un moniteur, à disposition des curieux (les spectateurs évoluaient librement dans l’espace durant la représentation). À chaque représentation, ce fut donc un nouveau dialogue qui a été écrit.

 

La deuxième a eu lieu dans le cadre de la création de Carna, une carte blanche produite au Grü/Transthéâtre, Genève, (sous la direction de Michèle Pralong et Maya Bösch), en janvier 2011.

Cette fois j’étais présente sur scène, et j’écrivais à l’aide d’un petit clavier sans fil. Dans ce cas, le texte était connu, appris, et donc identique à chaque représentation.

 

Enfin, la troisième a eu lieu dans le cadre d’un spectacle présenté cet été 2012 à Nax, en Valais, en clôture d’une résidence. Avec le collectif d’auteurs Nous sommes vivants nous avons mis en place une sorte de jeu de l’oie littéraire dont l’une des cases obligeait l’auteur à écrire face au public, durant 3min., à partir d’un mot donné par un spectateur/trice.

 

Suite à ces 3 expériences, l’intérêt de l’écriture en live s’est confirmé ; du côté de l’auteur, pour l’adrénaline bénéfique que procure la création d’un premier jet en public, et du côté des spectateurs, pour la possibilité d’entrer dans la fabrique de l’écriture, en témoin des associations d’idées, reprises, ratures et modifications par l’auteur vivant.


 

Une scène d’écriture en live tiré du spectacle Carna, carte blanche à A.Rychner au Grü/Transthéâtre, Genève, février 2011

 

 

 

Genèse du projet

L’idée est née à la croisée de trois sources d’inspiration :

 

1. Solitude, versus isolement

Qu’on la recherche ou qu’on veuille la briser par des processus collectifs, la solitude est un élément important pour l’écriture, tout comme la réclusion.

Je me souviens avoir un jour entendu l’auteur Enzo Cormann faire la distinction entre solitude (voulue, bénéfique) et isolement (imposé, subit, donc synonyme d’exclusion par rapport aux autres).

Depuis 2010, deux expériences bien spécifiques m’ont fait interroger le confinement ; une résidence au Grü/Transthéâtre toujours, (la résidence comportait une première phase, précédent la création du spectacle Carna) où une place littérale avait été offerte aux auteurs. En effet, une pleine salle du théâtre était occupée par des « boîtes » conçues par la scénographe Sylvie Kleiber, où les auteur(es) invité(es) pouvaient travailler et loger individuellement, comme dans des cellules monacales.

Expérience de concentration ou concentrationnaire ? …

Le dispositif en avait choqués certains, enthousiasmés d’autres, en tout cas il était très symbolique et permettait, comme une cellule organique, une autonomie tout en offrant – à travers les cloisons et portes coulissantes – des échanges et rencontres avec les autres auteurs(es) invités(es) et la vie du théâtre, une sorte d’osmose.

J’ai connu ma deuxième expérience significative en matière de confinement une année plus tard, en septembre 2011, en résidant 1 mois dans la maison du phare de l’île Wrac’h, dans le nord Finistère, invitée par l’association à but culturel IPPA, – Îles et Phares du Pays des Abers.

La posture de solitude en cette occasion était extrêmement symbolique et radicale, puis que d’une part, le site est semi insulaire, (à marée haute, l’île Wrac’h devient inaccessible pour une durée de six heures), et que d’autre part, j’étais privée de réseau internet, et donc coupée du flux habituel des messages électroniques.

Dans les deux cas, j’ai senti la justesse, la nécessité de se réserver des phases de « protection » ou de repli, où l’on peut, où l’on doit se faire face à soi-même, où la continuité du travail est possible sans interruptions extérieures, et où l’imaginaire peut se déployer librement, à son rythme.

Je me suis posée des questions sur les formes de vie monacales ou d’ermitage. Il me semble que dans une « bonne solitude », on peut atteindre mystérieusement par l’écriture, l’introspection, la contemplation ou la méditation à un état de liaison au monde.

Mais j’ai aussi senti le risque de réelle coupure. Une sorte de lâcheté peut-être, ou d’orgueil, de résistance par rapport au monde, de refus du réel et du social, voire une misanthropie un peu pathologique.

Tout cela me semble relever d’une question d’équilibre…

 

Sur l’île Wrac’h, j’ai écrit un journal, qui par la force des choses est devenu une sorte de chroniques de solitude, et qui pourrait être source d’inspiration pour le spectacle. J’y ai aussi commencé une collection de matériau textuels, des citations d’auteurs autour de cette thématique.

 

 


Extérieur et intérieur des cellules d’écriture conçues par Sylvie Kleiber, 2010

 

 

 

2. La route, de Cormac Mc Carthy

 

Avec le présent projet, je ne veux pas en reprendre l’argument, les personnages, la chronologie. Mais je pense reprendre la situation de base, celle d’une époque post catastrophe, qui me semble brûlante aujourd’hui, où nous sentons tous le déclin de notre civilisation, la fin d’une aire, (peut-être de notre espèce ?) l’accélération des phénomènes et des problèmes économiques, de ressources naturelles et de surpopulation.

 

Je voudrais aussi m’appuyer sur l’architecture de cette œuvre, constituée d’une alternance entre dialogues très brefs, dégraissés et longues descriptions évocatrices.

Dans mes œuvres dramatiques dialoguées, je m’aperçois que j’ai souvent procédé par tableaux très brefs, avec des ellipses importantes entre chacun des tableaux (cette structure fragmentaire est évidente dans Cooking Mama, ou encore De mémoire d’estomac, deux pièces publiées chez Lansman Editeur, mais aussi dans l’adaptation que j’ai faite de l’Antigone d’Henry Bauchau pour la Cie l’Outil de la ressemblance.)

J’ai la sensation que quelque chose dans la forme dramatique classique (dialoguée, où tout ce que l’auteur veut exprimer doit passer par la parole des personnages) me « coince », je me sens parfois serrée dans cette contrainte intrinsèque. Dans mes ellipses systématiques il y a quelque chose qui se retient d’exister, des mondes que je vois et que je pourrais décrire, former.

Récemment j’ai eu l’intuition que je devais cesser de respecter la distinction des genres d’une façon trop stricte, et commencer à métisser le genre dramatique avec le récit, comme le fait par exemple Daniel Danis avec Terre océane.

Ainsi, je pourrais investir les ellipses, les espaces intersticiaires, créer plusieurs plans, celui du « journal des survivantes » écrit à vif, dans l’ici et le présent, et celui du poème dit par le narrateur, plus visuel et épique.

Pour en revenir à Cormac Mc Carthy, qui à travers ses dialogues a créé des espaces de théâtre dans son roman, je voudrais m’autoriser à réserver, générer des espaces de prose dans mon théâtre.


 

 

3. Voyage en Islande

 

En août 2012, j’ai passé deux semaines en Islande.

Cette expérience était très intense et elle va sans conteste constituer une troisième source d’inspiration, complémentaire.

 

Si la rudesse du Finistère avait déjà fortement frappé mon imaginaire, j’ai été en Islande confrontée pour la première fois de ma vie à des territoires vraiment immenses, et impitoyables. Glaces, roches, vents, déserts… j’ai senti la vulnérabilité de mon petit corps de mammifère… sans équipements ni technique (automobile, essence, chauffage, vêtements adéquats, importation et distribution industrielle de nourriture, etc.) combien de temps l’homme tiendrait-il le coup dans un milieu aussi puissant, sauvage et hostile ?

Colonisée par une population de très faible densité (localités modestes, séparées par de grandes distances, avec ci et là des fermes incroyablement isolées), la nature islandaise a de quoi remettre radicalement en question les perspectives anthropocentristes.

 

J’ai été très impressionnée par le pouvoir poétique et métaphysique de ces immensités parfois stériles, mais recelant aussi des poches et des zones bouillonnantes de vie, et par ces terrains géologiquement jeunes, qui ressemblent à la fois à ce que la terre devait être aux origines de sa formation et à ce qu’elle pourrait être après un cataclysme ou une destruction massive.

 

Enfin, l’Islande m’aura donné l’occasion de découvrir ses refuges d’urgence, qui ressemblent un peu à des capsules (photo plus bas) faites de fibre de verre. Lors d’une randonnée de trois jours (qui s’est d’ailleurs terminée sous plusieurs heures de pluie battante), j’ai eu l’occasion de m’abriter à deux reprises dans ces capsules et d’y découvrir qu’elles étaient constituées d’un lit + couvertures, d’une table avec banquette, d’une radio et d’un petit kit de survie (aliments, médicaments, gaz pour de réchaud etc.).

La similitude avec l’aménagement des « boîtes d’écritures » individuelles évoquées plus haut m’a frappée. J’ai aussitôt eu la sensation que la spécificité de ces lieux, leur fonction à la fois réelle (et même de première nécessité en cas de tempête dans ces territoires inhabités !) et digne d’un film d’aventure, voire de science fiction, venaient répondre à mon imaginaire, me proposer une base physique pour planter ma fiction.

 


 

« Capsule » de secours islandaise

 





3 vues de Cellule No.2, Absalon, 1992

Une œuvre découverte au Hamburger Bahnhof de Berlin, et qui s’inscrit parfaitement dans la réflexion scénographique du projet.

 


Production

 

La création aura lieu en automne 2014 au centre culturel de l’ABC, La Chaux-de-fonds (première phase de travail en été, puis représentations en octobre 2014).

Puis le spectacle sera présenté au CCN-Théâtre du Pommier, Neuchâtel, du 29 au 31 octobre, puis du 9 au 14 décembre, Théâtre 2.21, Lausanne.

Le projet est porté par la Compagnie Antoinette Rychner, nouvellement fondée.

Etablie dans le Canton de Neuchâtel, cette compagnie s’inscrit dans la continuité des activités de la Compagnie « Le Pestacle Fatal », dont elle reprend les principes de fonctionnement artistique. Celle-ci avait produit les spectacles La vie pour rire, mise en scène Robert Sandoz, en 2005-2006, et L’enfant, mode d’emploi, mise en scène Françoise Boillat, en 2009-2010, textes d’Antoinette Rychner. Elle n’est donc pas à considérer comme une « jeune compagnie » au sens d’une structure produisant un premier projet, d’autant plus qu’Antoinette Rychner, ainsi que les différents collaborateurs auxquels elle a fait appel autour du projet Frost, peuvent tous se prévaloir d’un parcours artistique conséquent.

La décision de dissoudre « Le Pestacle Fatal » et de créer une nouvelle compagnie sous le nom d’Antoinette Rychner correspond à une volonté de clarifier, à l’attention des programmateurs et des organes de subvention, la démarche et le fonctionnement de la structure. Qu’il s’agisse des pièces La vie pour rire, L’enfant, mode d’emploi, de projets pluridisciplinaires comme Frost ou d’éventuels autres projets à venir, les productions de la Cie s’inscrivent toutes dans une logique où l’auteure-conceptrice, figure permanente de la Cie, mandate divers artistes, invités au projet. Les artistes invités peuvent varier d’un projet à l’autre, ce qui n’exclut pas des fidélités.


Biographies des collaborateurs

Antoinette Rychner

Ses premiers pas dans la littérature, la Neuchâteloise Antoinette Rychner (1979) les fait en gagnant le prix PIJA de la nouvelle en 1999. Après une formation de technicienne du spectacle, et plusieurs années d’activité professionnelle dans ce domaine, elle écrit en parallèle une première pièce, La vie pour rire, mise en scène en 2006 par Robert Sandoz.

C’est vers une écriture plus variée qu’elle se tourne en s’inscrivant à l’Institut littéraire suisse, dont elle sort diplômée en 2009. Dès lors sa plume s’aventure tout à la fois dans les mots de la fiction ou de la poésie, du théâtre ou de la critique. Des nouvelles sont publiées dans des recueils collectifs (À la recherche de l’utopie, Éditions Campiche), magazines (Prix Profil 2007) ou mis en onde (Espace 2). D’un autre côté, une deuxième pièce, L’enfant, mode d’emploi, est produite en 2009 au CCN et une autre, Cooking Mama, est publiée aux éditions Lansman. En 2010 paraît son premier recueil de textes brefs, Petite collection d’instants-fossiles, qui fera partie de la sélection du Roman des roman et du Prix Bibliomédia.

Curieuse de nouvelles formes de créations, Antoinette a participé au projet « Zone d’écriture » au Théâtre du Grütli, Genève, durant la saison 2010/2011, ainsi qu’à plusieurs expériences d’écriture de plateau, avec les metteurs en scène Vincent Brayer et Ludovic Chazaud. Elle fait partie des quatre boursiers de « Textes-en-scène » 2010/2011, une action pour l’écriture théâtrale soutenue par la SSA, Pro Helvetia et le Pour-cent culturel Migros. Antoinette Rychner a reçu de nombreuses distinctions, parmi lesquelles « l’Inédithéâtre » pour sa pièce De mémoire d’estomac (2011). Après s’être isolée un mois sur une île de Bretagne (2011), elle continue à expérimenter les lieux d’écriture en 2012, en tant qu’auteure en résidence à Berlin. Sa pièce Intimité Data Storage est publiée aux Éditions Les Solitaires Intempestifs en février 2013, et vient de recevoir le Prix de la SACD – France Culture.


Ludovic Chazaud

Ludovic Chazaud est né à Lyon en 1983. Il suit la formation de la Scène sur Saône, puis intègre en 2006 la Haute école de théâtre de Suisse romande - La Manufacture à Lausanne. En tant qu’interprète, Ludovic Chazaud a collaboré avec Lilo Baur pour Le Conte d’hiver de William Shakespeare puis Le sixième continent de Daniel Pennac, ainsi qu’avec Andrea Novicov, Miguel Fernandez, Salvadora Paras.

Au sortit de la Manufacture Ludovic devient directeur artistique de la Cie Jeanne Föhn au sein de laquelle il met en scène plusieurs spectacles, dont L’Étang de Robert Walser (2008), L’Orestie cadavre exquis (2010), et Une histoire ou Christian Crain (2011).

En 2012, il est assistant à la mise en scène de David Bobée pour la création de Roméo et Juliette et d’Andréa Novicov pour les créations de Fenêtre ouverte sur l’intérieur et Requiem de salon dont il participe activement à la dramaturgie.

Depuis 2012 il bénéficie de la bourse de compagnonnage théâtrale Lausanne Vaud qui lui permettra entre autre de créer le spectacle Couvre-feux, une adaptations du récit de Didier George Gabily.

 

Julie Gilbert

Julie Gilbert a suivi des études de lettres à la Sorbonne Nouvelle. En 1997, après quelques années à Mexico, puis six mois à la Havane à l’ICAIC, elle suit une formation de scénario à l’ECAL en Suisse. Elle écrit plusieurs scénarios de courts et de longs métrages en collaboration avec le réalisateur Frédéric Choffat dont A Nedjad, La lutte finale, Soledad, La vraie vie est ailleurs, Mangrove ainsi que pour d’autres réalisateurs. Parallèlement, elle réalise des émissions pour la radio Suisse Romande, un week-end en Eurasie, Road movie, enseigne l’initiation au scénario à la HEAD, et poursuit l’écriture de nouvelles et de pièces de théâtre, autant de textes et de scénarios traversés par la question de l’exil et de l’identité. En 2006, elle est lauréate de la résidence d’écriture dramatique Textes-en-Scène sous la direction dramaturgique d’Enzo Cormann, pour l’écriture de My Swiss Tour, publiée chez Campiche (enjeux 4). En 2010-2011 elle est résidente au Théâtre du Grutli/GRU où elle écrit et met en scène avec Fabrice Huggler et Frédéric Choffat Outrages ordinaires, tandis que depuis 2008, elle est auteur associée du Théâtre St Gervais où elle mène les performances théâtrales Droit de vote et Sexy girl interrogeant notamment la place des femmes dans la société et les poèmes téléphoniques à propos d’une possible résistance poétique. Elle travaille actuellement à l’écriture de deux scénarios Oui. On travaille. On travaille à en perdre la vie et Désert.

www.lecridutigre.com


Stéphane Gattoni

Formé à l’Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre (ENSATT), à Lyon, Stéphane Gattoni est l’un des cofondateurs de la compagnie L’Outil de la ressemblance. S’il collabore régulièrement avec Robert Sandoz, il en fait aussi de même avec Nicole Seiler (Ningyo, Playback, Small explosion with glass and repeat echo), Nathalie Sandoz (Stupeur et tremblements, La liste des dernières choses), Marielle Pinsard (Pyrrhus Hilton, Assis et Carnivore), Cédric Dorier (Hänsel et Gretel) ou encore le compositeur et musicien Olivier Gabus. Il travaille également avec des projections vidéo, comme il l’a fait dans Kafka sur le rivage notamment.

Il assume en outre la régie générale de différents projets (Eaux Dormantes de Lars Noren, scène nationale de Cergy-Pontoise et tournée française, m.e.s Claude Baque, festivale de danse Antilope, la Chaux-de-Fonds, La Voix Humaine, de Cocteau/Poulenc, m.e.s Eric Massé, Théâtre de Villefranche-sur-Saône, spectacle et de la tournée du Cirqu’Alors, cirque d’enfants sous chapiteau, Suisse), ainsi que la direction technique de plusieurs festivals, dont La Plage des Six Pompes et Les amplitudes, à La Chaux-de-Fonds, Usinesonore, à Bévilard, et La Cité à lausanne.

 

Cédric Simon

Cédric Simon est né en 1983 en région parisienne. Après avoir mené à bien une formation technique en audiovisuel, il se lance dans des études de théâtre à Paris. Durant cette période, parallèlement à sa formation théâtrale, il pratique les arts du cirque ainsi que la musique et l’ingénierie audio. En 2006, il intègre la Haute Ecole de Théâtre de Suisse Romande - La Manufacture à Lausanne.

Depuis la fin de sa formation en 2009, Cédric exerce alternativement les métiers de comédien et de technicien son (régie, création son, audiovisuel).

En tant que comédien, Cédric à notamment travailler sous les directions de Gisèle Salin, Dorian Rossel, Massimo Furlan et Cédric Dorier. Comme technicien son, il signe différentes créations sonores dont les dernières productions de Michel Toman et Ludovic Chazaud (Cie Jeanne Föhn). Il officie tantôt en tant que créateur son, tantôt comme acteur au sein de jeunes compagnies (Cie Jeanne Föhn, Les Anonymes Créatures, Chris Cadillac, Sköln AThTr, Cie Alexandre Doublet, Le pavillon des singes, Cie Drôle de bizarre).

 

Thomas Flahaut

 

Thomas Flahaut et né en 1991 à Montbéliard, département du Doubs, France.
Entre 2009 et 2012, il étudie le théâtre dans la faculté des arts du spectacle de l'université de Strasbourg. Au terme de sa licence, son mémoire porte sur l'évolution de la lecture publique de textes dramatiques en France. S'appuyant notamment sur les expériences de la compagnie Grenobloise Troisième Bureau, les problématiques dramaturgiques soulevées par cette pratique et sa place dans le paysage théâtral contemporain.
En 2012, il commence un Bachelor en écriture littéraire à l'institut littéraire Suisse (Haute Ecole des Arts de Berne) à Bienne. Il y explore principalement le territoire du récit. Son travail de deuxième a porté sur le récit d'un mois de travail en usine. Aujourd'hui en troisième année, c'est vers le récit documentaire que son intérêt le porte. Sa participation au projet est une manière de lier son intérêt pour le récit et la forme dramatique, tout en vivant sa première expérience d'auteur au théâtre.




 
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